Dire le VIH en langue des signes avec et pour tous les sourds. Congrès VIH Zimbabwe 2015

Dire le VIH en langue des signes avec et pour tous les sourds.

Les sourds sont particulièrement exposés au risque d’infection par le VIH. Une cause essentielle de leur vulnérabilité est l’absence d’échanges avec les soignants.Une fois la nécessité d’un accès spécifique aux soins posé quelle langue des signes utilisée en consultation ?

Il n’y a pas encore d’ enseignement santé en langue des signes camerounaise. Dans les écoles, l’ASL (american sign langage) ou la LSF (langue des signes française) sont utilisées. La majorité des sourds est illettrée.

Méthodes :

Deux ateliers de 3 jours se sont tenus à Douala et à Yaoundé avec 106 sourds . Tous utilisent les « signes naturels » camerounais, 50 connaissent lsf, 22 ASL. Au niveau de l’écrit : 92 sans aucune maîtrise,10 le français, 4 l’anglais. La plus grande partie des ateliers portait sur les connaissances médicales : les agents infectieux, la circulation sanguine, la respiration, le VIH.. Une autre partie est le recueil lexical des diverses façons de dire des sourds.

Résultats :

1) L’iconicité de la langue des signes permet de tout dire sur le fonctionnement du corps sans passer par du vocabulaire audio-vocal. Le travail sur les images de la langue des signes permet une compréhension immédiate à tous les sourds (dont la majorité n’ont jamais été scolarisés).

2) Quelque soit la langue des signes utilisée, les sourds se comprennent .

3) L’axe d’un enseignement est la façon de dire des sourds camerounais.Le travail linguistique fait en France, aux USA n’est un apport complémentaire.

4) Plusieurs sourds ont demandé la traduction écrite en français ou en anglais des maladies qu’ils exprimaient en signes afin de pouvoir les montrer aux médecins.

5) Le dvd réalisé est la première étape d’un visuel  dire la santé en langue des signes » à disposition du travail associant médiateurs sourds, linguistes et soignants.

Projet :

En juillet 2016 aura lieu un atelier international de langue iconique avec des médiateurs sourds camerounais, tunisiens, français et uruguayens.

Conclusion :

La langue des signes est la langue de communication des sourds. Elle devient une langue du savoir dès son utilisation dans le domaine de la santé.

L’exigence linguistique est du côté des soignants.

Les médiateurs sourds sont une garantie d’une bonne compréhension réciproque avec tous les sourds, en particulier les sourds isolés. Ils permettent aussi le lien à établir entre le système de santé et les différentes communautés sourdes.

 

Sources-ls (SOUR Coopération Echanges Santé-langue des signes)

Dr. Jean Dagron (médecin Marseille)
Marlyse Makake (professeur langue des signes Yaoundé)
Georges Bassilekin (interprète Yaoundé)
Anne-Lise Granier (IRD/LISST Toulouse)

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