A propos

L’association Sources

Son origine

L’accès aux soins des sourds se révèle comme problème de santé publique dans la lutte contre l’épidémie du sida au début des années 1990. La respect de la confidentialité des consultations imposait la présence d’interprètes. C’était une réponse nécessaire mais insuffisante. Une unité d’accès aux soins et aux droits sociaux en langue des signes se met en place à partir de 1995 à l’hôpital la Salpêtrière à Paris. Parallèlement, l’association Sources est créée pour mener des actions de sensibilisation auprès des professionnels de santé et du public sourd ainsi qu’une une recherche en sciences sociales en lien avec l’EHESS. Son premier président, Bernard Mottez, directeur de recherche au CEMS, est le remarquable sociologue investi dans le Réveil Sourd des années 1970. Cette recherche, conduite de 1995 à 1998 avec des enquêteurs sourds, élabore les concepts de base d’un dispositif original d’accès aux soins en France. La Ministre de la santé soutient ce dispositif dès 1998, qui bénéficie d’un cadre réglementaire à partir de 2007 et comprend aujourd’hui vingt unités hospitalières. Ces unités comptent près de 200 professionnels et ont accueilli 14 000 usagers sur tout le territoire.

Coopération internationale

Depuis une première expérience en 2009 au Cameroun, Sources a participé à des initiatives internationales pour que les sourds soient soignés en utilisant les langues des signes pratiquées dans leur pays. Dans plusieurs pays, des équipes spécifiques dédiées à une médecine de proximité en langue des signes se mettent en place. Les origines de ces créations sont variées : motifs épidémiologiques, par la vulnérabilité particulière des populations sourdes aux épidémies (France) ; contexte politique et existence d’une santé communautaire (Uruguay 2012, Tunisie 2016) ; un effet d’entraînement où ces créations s’intègrent aux conditions locales (Argentine 2016, Chili 2017). Les équipes sont diverses mais travaillent sur des bases communes : une consultation de médecine générale avec un médecin signeur, porte d’entrée pour un parcours de soins en langue des signes ; des interprètes diplômés disponibles à chaque étape ; des médiateurs sourds en santé. Les unités partagent un même principe philosophique : l’exigence linguistique est du côté des soignants, les sourds peuvent choisir la langue utilisée en consultation. L’objectif est de développer des espaces biculturels d’enrichissements mutuels soignants et sourds.

La fréquentation de ces unités montre que les sourds choisissent un lieu où la langue des signes est structurellement utilisée. Leurs besoins deviennent visibles. Des études sont menées et prouvent que la population sourde reçoit des soins de niveau inférieur à celui de la population du pays.

Le travail linguistique actuel

  • Dire la santé de façon compréhensible pour tous les sourds est possible, en se basant sur l’iconicité de la langue des signes. Sources a organisé en octobre 2016 un atelier de 11 professionnels sourds de 4 pays où se trouvent des unités pour travailler sur les pratiques d’iconicité en santé.

Sign-care.info

En octobre 2017, Sources crée le site sign-care.info pour diffuser les actions de santé publique avec et pour les sourds et mettre en valeur la richesse du travail linguistique. Seront ainsi mis en ligne :

  • Des séquences vidéo montrant l’importance de l’iconicité de la langue des signes dans les pratiques de santé.
  • Des textes de congrès et des documents qui seront progressivement disponibles en 3 langues (anglais, espagnol et français).
  • Des extraits d’échanges remarquables d’ateliers linguistiques.